La rénovation par l'isolation : un des choix les plus porteurs en terme d'économies d'énergie

Les points principaux :

  • Trois différentes techniques d’isolation appliquées en rénovation sont présentées : l’isolation par l’extérieur, par l’intérieur et par le remplissage de la coulisse, dans le cas de murs creux.
  • La rénovation de l’enveloppe permet des réductions de consommation de chauffage plus importantes que celle de simples mesures, par son approche globale qui assure plus facilement : la continuité de l’isolation, une diminution des ponts thermiques, l’étanchéité à l’air et l’introduction de systèmes performants.
  • Les potentiels de réductions des demandes de chauffage suite à des améliorations globales et locales de l’isolation sont illustrés au moyen de résultats de simulation.

Résumé

La rénovation d’un bâtiment par l’ajout d’isolation au niveau de ses parois consiste en l’un des choix les plus porteurs en terme d’économies d’énergie ! Cette démarche est également une des plus durables car elle permet une diminution de la consommation énergétique. Or 64 % des bâtiments en Région wallonne ne sont pas du tout isolés et vu les surfaces en contact avec l’extérieur, les murs d’un bâtiment représentent l’endroit principal des déperditions thermiques de l’enveloppe. Cette fiche aborde les différentes techniques d’isolation appliquée en rénovation à savoir l’isolation par l’extérieur, par l’intérieur et par le remplissage de la coulisse, dans le cas de murs creux. Elle met également en avant leurs avantages et inconvénients, des erreurs à ne pas commettre en rénovation ainsi que des points importants à ne pas négliger.


Travaux d’isolation par l’extérieur d’une façade sur le parement existant © Photo : A. Branders


La rénovation par l’isolation

La rénovation d’un bâtiment par l’ajout d’isolation dans ses parois consiste en l’un des choix les plus porteurs en terme d’économies d’énergie ! Bien que les travaux peuvent en rebuter plusieurs, l’amélioration des performances de l’enveloppe du bâtiment est très clairement avantageuse. Cette démarche est également une des plus durables car elle permet une diminution de la consommation énergétique.

L’isolation des bâtiments en Région wallonne

L’étude de C. Kints (Kints, 2008) donne un bon aperçu de la situation énergétique des bâtiments en Région wallonne. Il en ressort que 64.10% de bâtiments ne sont pas isolés, 7% ont une isolation partielle et 28.90% ont une isolation totale. Les bâtiments possédant de l’isolation (soit 35.90%) peuvent être répartis comme suit :

  • 18% avec 1-3cm
  • 38% avec 4-6cm
  • 16% avec 7-10 cm
  • 28% inconnu

En rénovation, la construction existante est déjà définie par ses caractéristiques. Il est important de pouvoir les identifier, afin de préserver, accentuer ou minimiser certaines propriétés physiques et dynamiques, comme l’inertie, l’étanchéité, l’isolation, la ventilation, la présence de ponts thermiques.

L’isolation des parois

Au cours du siècle dernier, la composition des murs extérieurs a fortement évolué : les murs « traditionnels » sont souvent constitués de matériaux massifs, épais et c’est après 1945, que ce fera la généralisation des « murs creux ». Ceux-ci dissocient les fonctions porteuses et de protection contre les intempéries. L’isolation de la coulisse de ces murs creux se généralisera suite aux premières crises énergétiques (Kints, 2008).

Les murs des habitations de par leur surface en contact avec l’extérieur représentent l’endroit principal des déperditions thermiques du bâtiment, appelé pertes par transmission. L’isolation va donc jouer un rôle primordial pour améliorer les performances de l’enveloppe du bâtiment. Elle va permettre d’augmenter le confort thermique de l’occupant, été comme hiver, de limiter les déperditions thermiques des parois du logement et donc de limiter la demande en énergie (chauffage ou climatisation).

L’idée est de mettre en place une isolation suffisante qui dépendra du niveau de performance souhaité lors de la rénovation tout en veillant à une continuité de l’isolant (sol, mur, toiture) lors de son placement et à supprimer ou minimiser les ponts thermiques.

L’isolation du bâtiment peut être envisagée de deux manières différentes : soit l’isolation de l’enveloppe du bâtiment soit celle de pièces plus en particulier comme l’illustre la Figure 1.

Figure 1 : L’isolation de l’enveloppe ou d’une partie de celle-ci

Il existe trois techniques d’isolation en rénovation :

  • L’isolation de l’enveloppe par l’extérieur,
  • L’isolation de l’enveloppe par l’intérieur,
  • L’isolation de l’enveloppe par le remplissage de la coulisse, dans le cas de murs creux.

Les avantages et inconvénients de chacune de ces méthodes sont relevés dans le tableau ci-dessous.

Tableau 1 : Les différents modes d’isolation : avantages et inconvénient

Nous allons détailler et illustrer ces possibilités afin de se rendre compte des exigences de chacune. D’avance il sera très difficile de trancher et de définir le choix à faire pour la rénovation de tel type de bâti. Le cas par cas reste de rigueur et souvent, sur un même cas, différentes techniques y sont appliquées et combinées. Mais d’avance, l’isolation par l’extérieur apparaît clairement comme une solution optimale.


Isolation de l’enveloppe par l’extérieur

Dans ce cas, l’isolant est appliqué soit sur la façade existante, soit le parement de la façade est retiré (gain de place en épaisseur surtout s’il existe un faible vide dans le cas de murs creux). Il est beaucoup plus facile d’assurer la continuité de l’isolation avec cette technique. Avec cette solution, il ne faut pas trop hésiter quant à l’épaisseur de l’isolant. Généralement, l’isolant est recouvert d’un enduit servant de nouveau parement. Il est toujours possible de remettre un parement en brique ou autre (Voir Figure2). Il faut privilégier cette technique d’isolation qui vaut pour les façades non liées à la conservation du patrimoine ni à celles sujettes aux alignements (sauf si la commune est sensible aux aspects énergétiques ou si la zone de recul est dans le domaine privé (jardinet à rue)), … (énergie+, 2010 et de Meester, 2009)

Figure2 : Isolation par l’extérieur directement sur le parement existant (Photo : A. Branders)

Isolation de l’enveloppe par l’intérieur

L’isolation par l’intérieur n’est à envisager que lorsqu’un autre choix n’est pas possible. Dans certains cas, la conservation de certaines caractéristiques architecturales existantes (dessin de façades, matériaux, frises, moulures) demandera une isolation par l’intérieur vu les possibles difficultés à être traité par l’extérieur (Figure 4).

L’isolation par l’intérieur est souvent la seule solution lorsqu’un alignement de façade est exigé. Or en isolant par l’intérieur, le mur n’est plus réchauffé par l’intérieur et par ce fait, si la vapeur d’eau n’est pas stoppée par un pare-vapeur, elle va condenser sur le mur froid. La résolution des ponts thermiques au droit des planchers et des murs de refend devient alors complexe. Car l’isolation par l’intérieur ne garantit plus une continuité de l’isolant, créant de ce fait des ponts thermiques. Tous les endroits de jonctions devront être très étudiés.

Les matériaux les plus étanches à la vapeur doivent être disposés du côté « chaud » de l’isolant. C’est pourquoi, afin d’éviter une condensation d’eau dans le mur, un pare-vapeur pourra être nécessaire lors de l’isolation d’un mur par l’intérieur. Tout dépend des matériaux mis en œuvre (Figure3).

Lorsque la peau extérieure du parement est imperméable à la vapeur, l’isolation par l’intérieur ou par remplissage d’une coulisse sera toujours évitée.

Cette technique d’isolation crée certains points critiques qui demandent une attention plus particulière comme :

  • la jonction mur extérieur – dalle (idem jonction mur extérieur – mur intérieur (cloison) (idéalement, interruption du plancher pour assurer la continuité de l’isolant)
  • le cas de la jonction mur extérieur – mur intérieur (cloison) (Voir Figure4)
  • la jonction à la toiture
  • la jonction avec sol

Lorsque ces points critiques ne peuvent pas être traités ou ne le sont pas, une rupture locale du caractère isolant se forme caractéristique des ponts thermiques.

 
Figure3 : Rouleaux de laine minérale placés entre le mur existant et la nouvelle paroi intérieure constituée de blocs de plâtre (Evrard A., 2010). (Photo : Atelier d’Architecture Meunier-Westrade)   Figure4 : Retour d’isolant sur le mur de refend (Evrard A., 2010). (Photo : Yves Piron, architecte, Asbl Eco’Hom)

L’isolation de l’enveloppe par le remplissage de la coulisse

L’isolation par le remplissage de la coulisse est une solution rapide et facile notamment très en vogue actuellement en Grande-Bretagne (Figure 5). Les différents aspects techniques, tels qu’un examen préalable de la coulisse, sont gérés par les sociétés spécialisées. Cet examen est réalisé au moyen d’une petite caméra glissée dans la coulisse, soit via un forage, soit via tout autre accès aisé, lors du remplacement d’un châssis par exemple. Cette technique d’isolation ne sera pas utilisée s’il y a :

  • présence de nombreuses interruptions de la coulisse, car cela provoquerait des ponts thermiques
  • présence d’humidité
  • un parement déjà endommagé par le gel (parement ne laissant pas passer la vapeur d’eau (ex : briques vernissées))
  • lorsque les joints sont dégradés

Les techniques d’insufflation d’isolant dans une coulisse sont mises en œuvre par les fabricants ou des placeurs. Pour cette technique, il faut un matériau isolant répulsif à l’eau ce qui rend les isolants végétaux inadaptés (énergie+, 2010 et Trachte, 2009).

Figure 5 : Remplissage d’isolation de la coulisse d’un mur creux (Illustration : F.Flémal)

Dans le cas d’un mur creux, mais où la coulisse est trop mince ou ne permet pas l’isolation par remplissage, il faudra alors se tourner vers un autre type d’isolation. On peut démonter le parement existant, isoler parfaitement, avec l’épaisseur souhaitée, et remettre un parement ou finition. Cela permet, en cas de problème de surépaisseur débordant sur le domaine public, de choisir un parement plus mince que le précédent, et de consacrer cette différence d’épaisseur pour de l’isolation supplémentaire.

L’isolation de l’enveloppe mixte

Il est parfois délicat d’isoler par l’extérieur la façade principale. C’est pourquoi il est tout à fait envisageable, par exemple, d’isoler par l’intérieur la façade principale et d’isoler par l’extérieur la façade à l’arrière ce qui est souvent le cas dans les zones urbaines. Dans les zones périurbaines et rurales à moins de vouloir conserver l’aspect originel du bâtiment, une isolation par l’extérieur est à privilégier.

La combinaison de ces deux types de méthode doit se faire en évitant le plus possible les ponts thermiques. Ce qui implique que les deux isolants doivent se chevaucher aux endroits des raccords entre un mur isolé par l’extérieur et un mur, une dalle ou un plafond isolé par l’intérieur.

L’isolation des ouvertures

Lors de l’isolation des murs, les ouvertures doivent s’adapter et contenir l’isolant afin que celui-ci soit appliqué de manière continue (voir Figure 6). La rénovation est aussi une occasion de modifier les baies existantes. Car les ouvertures ont une influence sur les gains solaires qu’il est intéressant d’optimiser. La fiche « L’amélioration des ouvertures (fenêtres et portes) » (BAT04) traite plus en détail des mesures à appliquer lors de la rénovation des ouvertures.


Figure 6 : L’isolation doit être placée de manière continue afin d’éviter tout pont thermique (Photo : A. Branders)


Les ponts thermiques

Les ponts thermiques sont des défauts dans la conception et/ou dans la réalisation de l’enveloppe isolante. Ils sont principalement présents aux endroits de jonctions et de raccord (fenêtre, balcon, linteau, mur-toit,…). Les surfaces à proximité des ponts thermiques se caractérisent par une température de surface inférieure à la température moyenne des parois engendrant ainsi une sensation de paroi froide et donc un inconfort. En plus, ces ponts thermiques peuvent causer de nombreux désagréments comme la condensation de l’humidité intérieure qui peut créer des développements de champignons, une surconsommation de chauffage,… Les moisissures, inesthétiques, présentent un risque sanitaire (asthme, etc.), elles dégradent tous les états de surface (peintures, plafonnage) et mettent à mal les constructions en bois. Les ponts thermiques peuvent représenter 10 % de la consommation de chauffage d’un bâtiment moyennement isolé et sont source de pollution intérieure. Plus le bâtiment est isolé, plus ces défauts d’isolation ressortent et induisent des déperditions relativement importantes (jusqu’à 25% des déperditions totales).

En rénovation, une recherche exhaustive des ponts thermiques existants doit être réalisée au moyen des outils adéquats (thermographie, thermomètres de surface, etc.). Cela permettra d’identifier les faiblesses de la paroi. Considérant que l’impact d’un pont thermique de dimensions limitées est faible sur les consommations énergétiques en rénovation, la présence de certains ponts thermiques existants peut être tolérée si leur dimension est réduite et si leur résolution est particulièrement complexe et/ou coûteuse (énergie+, 2010 et de Meester, 2009).

Plusieurs cas de figure où les ponts thermiques pouvant être évités sont développés sur le site d’énergie+, le tableau 2 en reprend un bref aperçu.

Tableau 2 : Pistes de solutions pour résoudre des ponts thermiques rencontrés fréquemment dans le cadre de l’isolation par l’intérieur.

L’étanchéité à l’air

Assurer une bonne étanchéité à l’air de l’enveloppe des bâtiments est essentiel. Les infiltrations d’air dans le bâtiment essentiellement dues à des points faibles de l’enveloppe doivent être limitées, car elles :

  • induisent une consommation d’énergie non négligeable, puisqu’il faut, en hiver, réchauffer davantage d’air froid,
  • diminuent la qualité de l’isolation acoustique de l’enveloppe ce qui, en ville, est un enjeu de plus en plus important,
  • peuvent être la cause de condensations à l’intérieur des parois, entraînant des problèmes d’humidité, de moisissure et/ou de corrosion,
  • créent des courants d’air inconfortables.

L’étanchéité à l’air d’un bâtiment peut être mesurée par une technique appelée « Blower Door » ou « infiltrométrie ». Elle consiste à créer une différence de pression entre l’intérieur et l’extérieur du bâtiment fermé, à l’aide d’un ventilateur. Des outils tels que fumigène ou caméra thermique permettent de détecter les endroits où l’air s’infiltre au travers de l’enveloppe.

Figure 7 : Les défauts de l’enveloppe où les infiltrations d’air sont fréquentes dans les bâtiments

Pour assurer, la qualité de l’étanchéité à l’air d’une enveloppe, il faut améliorer :

  • la qualité de la mise en œuvre des pares vapeurs ou freines vapeurs par l’utilisation de bandes adhésives (souder les lés et colmater les éventuels défauts ponctuels)
  • la nature et la qualité des revêtements intérieurs en employant des enduits continus (plafonnages, enduits d’argile, à la chaux, …) plus étanches que les revêtements discontinus constitués de panneaux, de planches,…
  • la qualité des menuiseries et des joints entre les menuiseries et les baies : châssis étanches, joints entre les parois et les châssis soigneusement étanchéifiés à l’aide de la combinaison d’une membrane étanche, d’un retour d’isolation et de la finition, et idéalement d’un joint en silicone complémentaire. Il faut limiter ces infiltrations donnant sur l’extérieur ou sur les locaux non chauffés.
  • le placement des conduites d’eau ou d’électricité de façon à ne jamais percer la membrane étanche ou du moins éviter un maximum ces percements.
  • la trappe de fermeture des conduits de fumée de cheminée à foyer ouvert et de hotte de cuisine, les trappes sur les combles, les portes d’entrée (éviter de la placer sur la façade exposée au vent dominant, intérêt de prévoir un sas,…),…
Figure 8 : L’étanchéité est assurée par une membrane et des bandes adhésives. La poutre, appuyée sur un support temporaire, a été découpée afin d’éviter un pont thermique.

En pratique dans le cadre d’une rénovation, un niveau d’étanchéité de l’enveloppe à atteindre par le logement sera fixé volontairement lors de la phase de conception thermique du bâtiment à rénover. Cette valeur non réglementée (sauf pour le standard passif) sera généralement comprise entre 1 et 7,8 h-1 sous une pression de 50 Pa. Pour assurer l’efficacité d’un système de ventilation avec récupérateur de chaleur, une étanchéité à l’air de η50 ≤ 1 h-1 est requise (Massart, 2010).


Illustrations : rénovation globale et locale

La meilleure illustration des réductions énergétiques suite à une rénovation de l’enveloppe est celle fournie par l’outil SAFE qui permet d’évaluer son propre logement. Des résultats sont fournis en rapport avec le bâtiment testé et des propositions d’améliorations sont détaillées et adaptées à votre cas.

Rénovation globale

L’illustration présente des résultats de simulations pour un bâtiment « 4 façades » dont les demandes de chauffages sont analysées pour 7 niveaux de performances de l’enveloppe :

  1. Bâtiment non isolé [NI], étanchéité à l’air de 0.6 vol/h, ventilation naturelle (de type A) consistant en une ouverture des fenêtres 1h par jour
  2. Bâtiment avec 3cm d’isolation en moyenne dans les parois (dans les murs, toit et dalle de sol) [3cm], étanchéité à l’air de 0.6 vol/h, ventilation naturelle (de type A) consistant en une ouverture des fenêtres 1h par jour
  3. Bâtiment avec 6cm d’isolation en moyenne dans les parois (dans les murs, toit et dalle de sol) [6cm], étanchéité à l’air de 0.6 vol/h, ventilation naturelle (de type A) consistant en une ouverture des fenêtres 1h par jour
  4. Bâtiment correspondant au standard belge actuel Umax [PEB], étanchéité à l’air de 0.39 vol/h (7.8h-1 sous 50Pa), 3 types de ventilation ont été simulées : une ventilation naturelle (type A), une ventilation avec extraction mécanique (type C) et une ventilation mécanique (de type D avec récupérateur de chaleur)
  5. Bâtiment au standard de rénovation basse énergie [BE], étanchéité à l’air de 0.1 vol/h (2h-1 sous 50Pa), les 3 mêmes types de ventilations ont été simulés : type A, C et D avec récupérateur de chaleur, exigences : besoins en chauffage annuel ≤ 60 kWh/m².an
  6. Bâtiment au standard de rénovation très basse énergie [TBE], étanchéité à l’air de 0.05 vol/h (0.1h-1 sous 50Pa), les 3 mêmes types de ventilations ont été simulés : type A, C et D avec récupérateur de chaleur, exigences : besoins en chauffage annuel ≤ 30 kWh/m².an
  7. Bâtiment au standard maison passive [Passif], étanchéité à l’air de 0.03 vol/h (0.6h-1 sous 50Pa), les 3 mêmes types de ventilations sont simulés : type A, C et D avec récupérateur de chaleur, exigences : besoins en chauffage annuel ≤ 15 kWh/m².an

(Feist W., 2008 ; Delmotte C., 2008, NBN B 62-002, 2008 ; NBN D50-001, 2008, www.maisonpassive.be, 2010). Les consignes de thermostat sont de 20 °C dans les pièces occupées avec une diminution de la température à 16 °C durant la nuit et en journée.

La Figure 9 présente les demandes annuelles de chauffage du bâtiment « 4 façades » simulé aux 7 différents niveaux énergétiques présentés ci-dessus. Les réductions demandes de chauffage lors du passage d’un niveau énergétique à un autre sont assez visibles. La variation des demandes de chauffage dépend également du type de ventilation utilisée, de l’étanchéité mise en œuvre, etc.


Figure 9 : Demande annuelle de chauffage en kWh/m².an d’une maison « 4 façades » à travers 7 niveaux de performance de l’enveloppe.

Ces réductions des demandes annuelles suite à une rénovation globale de l’enveloppe permettant d’atteindre un niveau énergétique plus performant, peuvent être assez importantes. La Figure 10 basée sur des éléments de la Figure 9, illustre ces réductions (en %) en montrant pour 6 situations existantes représentées par les 5 courbes et le point, les réductions de demandes annuelles de chauffage possible si le bâtiment existant est rénové pour atteindre un niveau de performances plus élevées. Notons que cette figure reprend un seul élément par niveaux de performance de la figure 9 : le NI, le 3cm et le 6cm correspondent à celui de « Fenêtres ouvertes 1h par jour », le bâtiment correspondant au standard belge actuel [PEB] et celui au standard de rénovation basse énergie [BE] sont considérés avec un système de ventilation C (vitesse 3) et le bâtiment correspondant au standard de rénovation très basse énergie [TBE] et celui au standard maison passive [Passif] sont considérés avec un système de ventilation D avec récupérateur de chaleur (vitesse 3). Le passage au niveau TBE et Passif est marqué par un petit « saut » traduisant l’intégration d’un système de ventilation D avec récupérateur de chaleur mais également une meilleure étanchéité à l’air.

Prenons l’exemple d’un bâtiment existant correspondant à ce bâtiment « 4 façades » simulé dont les parois sont composées de 3 cm d’isolation (courbe rouge). Le pourcentage des réductions engendrées par une rénovation de ce cas peut être visualisé en glissant le long de cette courbe rouge. Si ce bâtiment est rénové à un niveau basse énergie [BE], la réduction de ses demandes annuelles de chauffage sera d’environ 50%.

Figure 10 : Illustration des réductions de la demande annuelle de chauffage (en %) réalisées lors du passage d’un niveau d’isolation à un autre, plus performant, dans le cas d’une maison 4 façades.

Rénovation locale

La figure suivante illustre une intervention plus locale qui consiste simplement en l’amélioration de l’isolation du toit. Les maisons simulées ont été modélisées avec différentes épaisseurs d’isolant dans les parois et différents types de vitrages. Notons que l’étanchéité à l’air du bâtiment, fixée dans les simulations, n’a pas été considéré dans la modélisation comme amélioré malgré l’augmentation de l’isolation dans le toit ce qui permet de cibler l’impact exclusif de l’isolant.

Figure 11 : Illustration des réductions de la demande annuelle de chauffage (en %) obtenues lors de l’ajout de 16 cm d’isolation dans le toit de maisons non isolées [NI] ou isolées avec 3 ou 6 cm d’isolation en moyenne dans les parois [3cm] et [6cm]. Trois types de vitrages sont envisagés : simple vitrage [SV], double vitrage ancien [DVA] ou double vitrage performant [DVP]

Conclusion

64.10% des bâtiments en Région wallonne ne sont pas du tout isolés. Or vu les surfaces en contact avec l’extérieur, les murs du bâtiment représentent l’endroit principal des déperditions thermiques de l’enveloppe auquel s’ajoute des pertes par ventilation due à une mauvaise étanchéité à l’air. L’isolation joue donc un rôle primordial pour améliorer les performances de l’enveloppe du bâtiment. La rénovation par l’amélioration de l’isolation peut être locale (isolation du toit ou des planchers par exemple) ou globale (isolation de l’enveloppe du bâtiment). Trois techniques d’isolation existent en rénovation (isolation par l’extérieur, par l’intérieur et par le remplissage de la coulisse, dans le cas de murs creux) possédant chacune leurs avantages et leurs inconvénients. L’isolation par l’extérieur est à privilégier dans la mesure du possible permettant d’assurer plus facilement la continuité de l’isolation. Cette continuité permet d’éviter ou de diminuer les ponts thermiques, source de pollution intérieure, et pouvant représenter 10 % de la consommation de chauffage d’un bâtiment moyennement isolé. L’étanchéité à l’air est également un des points essentiels à favoriser lors d’une rénovation.

La rénovation de l’enveloppe permet des réductions de consommation de chauffage beaucoup plus importantes que celle impliquant de simples mesures, car une rénovation globale permet entre autres d’assurer une continuité dans l’isolation (diminution des ponts thermiques), d’améliorer l’étanchéité à l’air, d’introduire des systèmes performants (ex : ventilation double flux avec récupérateur de chaleur), etc.


Références

  • de Meester T. [2009]. Guide de la rénovation basse énergie des logements en Belgique. LEHR, Low Energy Housing Retrofit - Low Energy Housing Retrofit, Architecture et Climat, Université catholique de Louvain, financé par la Politique Scientifique Fédérale, dans le cadre du « Programme de stimulation au transfert de connaissance dans des domaines d’importance stratégique », www.lehr.be, 2009.
  • Evrard A., A. Branders, A. De Herde [2010]. Isolation thermique par l’intérieur des murs existants en briques pleines, dans le cadre de la recherche ISOLIN, financée par le département Énergie et Bâtiment durable du Service Public de Wallonie, Architecture et Climat, juillet 2010
  • Kints, C. [2008]. La rénovation énergétique et durable des logements wallons. Analyse du bâti existant et mise en évidence des typologies de logements prioritaires, Architecture & Climat, UCL, Ministère de la Région Wallonne (MRW-DGTRE), International Energy Agency, Solar heating & cooling of Task 37 an d Federal Science Policy, project LEHR (www.lehr.be).
  • Massart C., De Herde A. [2010]. Conception de maisons neuves durables, Elaboration d’un outil d’aide à la conception de maisons à très basse consommation d’énergie, Architecture et Climat – UCL, fiancé par Service Public Wallonie DG04 Département de l’Energie et du Bâtiment durable, 2010.
  • TRACHTE S. [2009]. Advanced housing renovation with solar and conservation, IEA SHC TASK 37, SUBTASK D environmental, impact, assessment, Architecture et climat, Université Catholique de Louvain, 2009

Pour aller plus loin

Autres fiches

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  • SAFE.BAT03 : La rénovation : quelles démarches suivre?
  • SAFE.BAT04 : L’amélioration des ouvertures (fenêtres et portes)
  • SAFE.BAT06 : L’impact du comportement des occupants

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