La forme urbaine et les consommations d'énergie des quartiers périurbains

Les consommations énergétiques relatives au transport des personnes

  • Cette approche est complémentaire de l’approche à l’échelle du bâtiment individuel
  • La mitoyenneté a un impact important sur les consommations d’énergie pour le chauffage des bâtiments
  • L’orientation des quartiers a, en l’état actuel, un impact limité car ce critère n’a pas été pris en compte lors de la conception des quartiers
  • Les gains solaires reçus par les toitures sont importants en milieu périurbain
  • Les stratégies de rénovation énergétique du bâti, menées à l’échelle de tout un quartier, offrent des perspectives intéressantes

Résumé

L’efficacité énergétique à l’échelle du bâtiment a fait l’objet de plusieurs fiches pratiques (SAFE.BAT03/04/05/06/07/08/09). Elles abordent notamment l’influence des caractéristiques constructives, du climat ou du mode de vie des occupants sur les consommations énergétiques. Des variations paramétrées ont été réalisées pour plusieurs bâtiments-types. La présente fiche complète cette approche et présente les variations paramétrées réalisées à l’échelle du quartier. Il s’agit de déterminer, de façon théorique, l’influence des paramètres caractérisant la forme urbaine sur la consommation énergétique des quartiers périurbains existants. Trois paramètres sont traités : la continuité entre les bâtiments (mitoyenneté), l’orientation du quartier et la consommation énergétique des bâtiments en phase d’utilisation.


Modélisation 3D d’un quartier périurbain
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La forme urbaine : introduction

L’impact de la forme urbaine sur les consommations d’énergie relatives au chauffage des bâtiments des quartiers périurbains existants est investigué dans cette fiche. Trois critères sont traités. La continuité entre les bâtiments ou mitoyenneté a un impact important sur les consommations d’énergie pour le chauffage des bâtiments. L’orientation des quartiers a, en l’état actuel, un impact très limité car ce critère n’a pas été pris en compte lors de la planification des quartiers et bâtiments qui le composent. Les gains solaires reçus par les toitures et façades des bâtiments périurbains sont toutefois importants et devraient être exploités (architecture bioclimatique, énergies renouvelables basées sur le solaire, etc.). Enfin, les performances énergétiques des bâtiments qui composent le quartier ont une influence très importante sur la consommation globale du quartier. Des stratégies de rénovation menées à l’échelle du quartier, plutôt qu’à l’échelle du bâtiment individuel, pourraient offrir des gains énergétiques potentiels très importants, et ce d’autant plus que le stock bâti existant est peu ou pas isolé.

De nombreux modèles et techniques ont été développés et validés ces dernières années pour étudier et simuler le comportement des bâtiments, en vue d’en améliorer les performances énergétiques et environnementales. Ces modèles adoptent, en général, la perspective du bâtiment, en le considérant comme une entité autonome et en négligeant l’importance de phénomènes qui apparaissent à des échelles plus larges (Ratti et al, 2005).

Or, si le contexte urbain a été largement ignoré dans les analyses traitant de la qualité environnementale des bâtiments, l’approche « bâtiment » n’est plus suffisante du point de vue de l’aménagement durable du territoire et de la raréfaction de nos ressources puisque les décisions prises à l’échelle d’un quartier ont des conséquences importantes sur les performances énergétiques des bâtiments. Celles-ci dépendent en effet de nombreux critères définis au stade du plan masse : compacité, orientation, valorisation des apports solaires, etc. (Popovici et Peuportier, 2004). L’organisation à l’échelle du quartier permet également de réduire le coût et d’augmenter l’efficacité des équipements collectifs (comme le chauffage urbain, le traitement des eaux ou des déchets) par rapport à des systèmes individuels (Hanson, 1996) alors que la localisation du quartier et ses caractéristiques en termes de mixité fonctionnelle notamment auront une influence sur les habitudes de déplacements des habitants. Le choix de l’échelle du quartier répond ainsi à la nécessité de mettre en application un certain nombre de préceptes et de méthodes de gestion particuliers, qui touchent à l’énergie comme à d’autres thématiques comme les déplacements, les réseaux, etc.

Situé entre l’échelle de la ville, qui peut présenter une complexité inhibante, et celle du bâtiment, trop parcellaire, l’échelle du quartier apparaît intéressante en termes opérationnels, car elle est particulièrement bien adaptée à l’expérimentation de pratiques spécifiques visant l’accroissement de la durabilité. Elle permet en effet d’appréhender la réalité urbaine dans une échelle suffisamment grande pour toucher à de multiples thèmes qui dépassent la dimension du bâtiment considéré, mais suffisamment restreinte pour visualiser des interventions concrètes (Rey, 2008). Le quartier constitue enfin un ensemble de vie cohérent et correspond mieux au niveau de résolution de nombreux problèmes (collecte des déchets, limitation des nuisances, etc.) (Cherqui, 2005), notamment en facilitant la concertation entre acteurs par rapport à des échelles plus larges. Il convient finalement de relever que si la qualité environnementale des bâtiments tend à s’améliorer en Europe, les expériences menées à l’échelle du quartier restent peu nombreuses. Indirectement symptomatique de l’émergence relativement récente du champ d’investigation qu’est le quartier, les multiples labels qui fleurissent aujourd’hui se limitent ainsi pour la plupart au bâtiment.

Dans la suite de cette fiche, l’impact de trois critères est évalué à l’échelle du quartier : la continuité entre les bâtiments ou mitoyenneté, l’orientation des quartiers et la consommation d’énergie des bâtiments en phase d’utilisation. Ces développements sont spécifiques aux quartiers périurbains et tentent d’apporter des solutions pertinentes pour répondre à la question de la rénovation des quartiers périurbains existants.

La continuité entre les bâtiments

La continuité entre les bâtiments, ou mitoyenneté, est souvent présentée comme un critère important en termes de réduction des consommations énergétiques des bâtiments, notamment par les partisans de la « ville compacte ». Des études, tant empiriques que théoriques, montrent toutes qu’une maison unifamiliale est moins efficace énergétiquement parlant que le logement collectif. La maison mitoyenne se situe entre les deux (Owens, 1995 , Djupkas et Nesbakkenn, 1995 , Holden et Norland 2005). Cependant, la différence entre ces trois différents types de logements tend à diminuer depuis 1980 car les maisons unifamiliales construites ces deux dernières décennies utilisent seulement 20% d’énergie de plus, per capita, que le collectif de la même époque (Holden 2001, Holden et Norland, 2005).

Nous avons ici testé l’impact de ce paramètre, pour 2 quartiers périurbains wallons composés uniquement de bâtiments isolés de type « 4 façades ». Nous avons considéré, de façon purement théorique, que chaque ensemble de 4 maisons individuelles isolées était remplacé par un groupe de quatre maisons accolées (soit 2 maisons mitoyennes et 2 maisons semi-mitoyennes), comme représenté sur la figure suivante.

Les gains énergétiques obtenus sont significatifs puisque cette distribution plus compacte des bâtiments engendre une réduction des consommations de chauffage de 19,9% dans le cas premier quartier et de 19,0% dans le cas du second quartier.


 Figure 1 : Illustration des modèles utilisés : chaque ensemble de 4 bâtiments isolés « 4 façades » est remplacé par un ensemble de 4 bâtiments accolés (qui forment donc 2 maisons mitoyennes et 2 maisons semi-mitoyennes) pour tester l’impact de ce paramètre.


Si les bâtiments étaient groupés par 2 (ensemble de 2 maisons semi-mitoyennes) plutôt que par 4, la réduction des consommations de chauffage des deux quartiers périurbains testés s’élèverait à 13,1% et 12,9%.

A l’échelle du bâtiment individuel, nos simulations thermiques dynamiques montrent, par exemple, que pour un même niveau d’isolation standard (celui en vigueur lors de la phase transitoire de l’application de la nouvelle réglementation thermique PEB), une maison isolée de type « 4 façades » de 120m² consomme, pour le chauffage, 12,3% de plus qu’une maison semi-mitoyenne de même superficie et 21,9% de plus qu’une maison mitoyenne. Une maison mitoyenne isolée consomme par ailleurs 10,9% d’énergie de moins que la même maison semi-mitoyenne. Ces gains dus à la mitoyenneté varient selon le type de bâtiment, sa compacité, le niveau d’isolation et d’autres caractéristiques comme le pourcentage de surface vitrée sur les façades.

La continuité entre les bâtiments

L’impact de l’orientation de l’ensemble du quartier sur les consommations d’énergie pour le chauffage est investigué. Plusieurs quartiers périurbains ont été modélisés en l’état actuel en ce qui concernent l’isolation, le pourcentage de surfaces vitrées et les autres paramètres constructifs. Ils on ensuite été soumis à une rotation de 360°, effectuée par pas de 45° de façon à définir 8 variantes par quartier (orientation = 0° / 45° / 90° / 135° / 180° / 225° / 270° / 315°). Des simulations thermiques dynamiques ont été réalisées pour chaque variante et montrent que l’impact de l’orientation sur les consommations de chauffage des bâtiments et des quartiers, en l’état actuel, est marginal. Il reste en effet inférieur à 4%, quelque soit le type de quartier étudié. Ces résultats sont cohérents avec l’approche développée dans les variations paramétrées « bâtiment » et avec la littérature. Maïzia et al. (2009), par exemple, ont effectué le même type d’étude pour une série de blocs urbains caractéristiques de la Région Ile-de-France et ont obtenu une variation maximale de 3% selon l’orientation des blocs.

Ces résultats s’expliquent par la faible prise en compte, en l’état actuel, des critères élémentaires de bioclimatisme et d’accès solaire lors de la conception des maisons et des quartiers périurbains. En effet, l’orientation des bâtiments et la composition des façades résultent le plus souvent de considérations purement fonctionnelles (faîte parallèle ou perpendiculaire à la voirie, façade relativement opaque à rue (une porte d’entrée et une porte de garage), façade ouverte vers le jardin à l’arrière quelque soit son orientation). Ces considérations posent, en amont, la question de la composition du quartier (tracé des voiries et des parcelles) qui devrait également être l’objet de plus d’attention de façon à permettre une meilleure exploitation des gains solaires et de l’orientation.

Ce manque de prise en compte des principes bioclimatiques et de l’orientation est d’autant plus dommageable qu’un potentiel existe et est facilement mobilisable lors de la construction de nouveaux bâtiments car les obstructions et masques sont peu nombreux dans les quartiers périurbains étudiés en raison de la faible densité bâtie (figure 2).

 
Figure 2 : besoins en chauffage et gains solaires reçus par les façades et toitures pour un bâtiment périurbain-type, sans et avec prise en compte des bâtiments voisins. (Simulations réalisées avec Pleiades+Comfie)

de Meester (2009) montre, à cet effet, que typiquement, une répartition de 50% des fenêtres vers le sud, de 20% vers l’est et l’ouest et de 10% au nord permet une économie d’énergie de 1.500 kWh par an par rapport à une répartition égale du vitrage sur les 4 façades du bâtiment. Les orientations entre le sud-est et le sud-ouest y sont identifiées comme les plus avantageuses bien que de larges surfaces vitrées vers l’est et l’ouest puissent entraîner des problèmes de surchauffe. Il s’agit toutefois de mentionner que l’orientation devient un facteur influent si ces principes sont appliqués. Afin d’étayer ces propos, nous avons défini un modèle fictif de bâtiment, qui prend mieux en compte les apports solaires éventuels, via une meilleure répartition des surfaces vitrées sur les façades (façade sud très ouverte, façade nord fermée).

Dans cette configuration, l’orientation du bâtiment joue un rôle nettement plus important sur les consommations de chauffage. Le tableau suivant présente, pour les trois variantes d’isolation utilisées depuis la phase II, les consommations énergétiques relatives aux 8 variantes d’orientation définies (où 0° signifie que la façade vitrée est orientée au sud).

Tableau 1 : Consommation de chauffage [kWh/m².an] pour différents scénarios d’orientation et d’isolation

kWh/m².an Pas d’isolation [bâti d’avant 1984] Isolation moyenne de 3cm dans les murs, toits et dalle [1984-1995] Isolation moyenne de 6cm dans les murs, toits et dalle [1996-2008]
306 95 73
45° 306 95 73
90° 308 97 75
135° 309 99 76
180° 310 100 77
225° 310 100 77
270° 309 99 76
315° 307 97 74
Différence max / colonne 1,3 % 5,0 % 5,2 %

On voit ainsi que l’impact de l’orientation peut atteindre 5,2 %, entre les versions «0° -  façade vitrée orientée au sud » et « 180° - façade vitrée orientée au nord », pour la version isolée du bâtiment. L’impact de l’orientation reste limité pour la version « non isolée » du bâtiment car les apports solaires sont rapidement dissipés via les parois non isolées et le simple vitrage.


La consommation des bâtiments en phase d’utilisation

Les bâtiments et quartiers périurbains wallons existants présentent en général de faibles performances énergétiques (Kints, 2007, Marique and Reiter, 2012b.) Ce constat corrobore par ailleurs d’autres études comme celles menées par l’Institut National belge des Statistiques ou l’enquête logements sur la qualité de l’habitat réalisée par la Région wallonne en 2006-2007. Pour rappel, la première réglementation thermique adoptée en Région wallonne date de 1985 et a été revue en 1996 tout en restant relativement laxiste, notamment en comparaison avec les régions et pays voisins. L’entrée en vigueur progressive de la nouvelle réglementation européenne sur la Performance Energétique des Bâtiments (DPEB) garantit toutefois l’amélioration notable des performances des nouveaux bâtiments ou des projets de rénovation de plus de 1000 m2.

L’objet de la présente section est d’évaluer l’impact du paramètre « consommation des bâtiments en phase d’utilisation » sur les consommations globales des quartiers périurbains. Ce paramètre étant directement lié à l’isolation, c’est par ce biais que nous aborderons la question.

Nous avons donc considéré, en première approche, que l’ensemble des bâtiments de 4 quartiers périurbains-types pourraient être rénovés de façon à atteindre les standard PEB actuel en vigueur pour les nouvelles constructions, standard « basse énergie » et standard « passif ». Ces simulations ont pour objet principal de quantifier, de façon théorique, le gain énergétique et de déterminer l’influence du facteur « consommation des bâtiments » sur les performances globales des quartiers. Les questions techniques relatives à l’étanchéité à l’air, etc. ne sont pas abordées ici. Elles relèvent plutôt de l’approche plus fine et détaillée, développée dans les fiches pratiques relevant de l’efficacité énergétique à l’échelle du bâtiment.

Tableau 2 : Diminution des consommations de chauffage des quartiers-types obtenus grâce à une rénovation énergétique des bâtiments jusqu’aux standards « PEB pour les nouvelles constructions », « basse énergie » et « passif »

  QU.1 QU.2 QU.3 QU.4
PEB -58,4% -56,7% -45,2% -70,2%
Basse énergie -70,9% -70,0% -59,2% -74,5%
Passif -92,7% -92,5% -89,8% -93,6%

Ces résultats confirment le potentiel important de la rénovation énergétique du bâti et confirme aussi l’hypothèse de départ de la recherche SAFE, qui postulait d’aborder la question des territoires périurbains par l’angle de l’énergie, en particulier des consommations de chauffage des bâtiments résidentiels et du transport des personnes. Elles montrent aussi l’intérêt de mener des actions de rénovation globales, pensées à l’échelle des quartiers, pour obtenir des résultats optimaux.

Pour conclure cette section, les graphiques suivants présentent la répartition des consommations relatives au chauffage des bâtiments et au transport des personnes (domicile-travail et domicile-école, calcul selon la méthode présentée dans la fiche SAFE.MOB01) de chaque quartier (consommations relatives au transport en rouge et au chauffage des bâtiments en bleu) pour chaque scénario de rénovation énergétique du bâti (en l’état actuel en haut à gauche, en rénovation conforme aux exigences de la PEB pour les nouvelles constructions en haut à droite, en « basse énergie » en bas à gauche et en « passif » en bas à droite).

Le chauffage des bâtiments est le poste le plus important, en l’état actuel, en raison de l’âge élevé et du faible taux d’isolation du bâti existant. Le premier scénario de rénovation énergétique (« PEB ») inverse cette tendance, sauf pour le quartier QU.2, où les consommations énergétiques relatives au transport des personnes sont relativement peu élevées, en comparaison avec les autres quartiers. Il faut en effet atteindre une rénovation « passive » dans ce quartier pour que le bâti soit comparativement moins énergivore que le transport alors que pour les trois autres quartiers, le transport devient le poste le plus important dès l’application du premier scénario de rénovation (« PEB »).

 
Figure 3 : Répartition des consommations énergétiques des 4 quartiers-types, en l’état actuel, [a, en haut à gauche], en rénovation « PEB » [b, en haut à droite], en « basse énergie » [c, en bas à gauche] et en « passif » [d, en bas à droite]


Le croisement des paramètres

Trois paramètres relatifs à la forme urbaine ont été testés dans ce chapitre (l’orientation, la continuité du bâti et le la consommation des bâtiments en phase d’utilisation) de façon individuelle, ce qui signifie qu’un seul paramètre est soumis à des variations, les autres caractéristiques restant fixes. Nous avons finalement réalisé une série de simulations thermiques dynamiques destinées à évaluer l’impact conjoint de ces trois paramètres, pour un bâtiment-type. Le bâtiment soumis à cette étude est une maison de 120m². Trois types de continuité sont considérés : une maison isolée (4 façades / 4F), une maison semi-mitoyenne (3 façades / 3F) et une maison mitoyenne (2 façades / 2F). Trois variantes d’isolation et huit variantes d’orientation (0° signifie que la façade vitrée est orientée au sud, pas de 45°) sont testées.

Des 72 variantes ainsi définies dans le tableau suivant pour un même gabarit d’habitation, c’est la maison mitoyenne, isolée et bien orientée (marquée par un * dans le tableau) qui présente les meilleures performances énergétiques (57 kWh/m².an). Le gain par rapport à la situation la plus défavorable (**, pas d’isolation, 4 façades, orientation de la façade vitrée au nord) s’élève à 257 kWh/m².an.

Tableau 3 : Consommations de chauffage (kWh/m².an) obtenues avec Pleiades + Comfie pour une maison-type, pour différentes variantes d’isolation, de mitoyenneté et d’orientation.

kWh/m².an Pas d’isolation + SV
[1950 – 1981[
Isolation légère + DV
[1981–1996]
Isolation standard + DV
[1996–2008]
Δ ligne
  4F 3F 2F 4F 3F 2F 4F 3F 2F  
306 276 248 95 84 74 73 64 57* 81,4%
45° 306 276 248 95 84 74 73 64 57 81,4%
90° 308 278 250 97 85 77 75 66 60 80,5%
135° 309 280 253 99 88 79 76 67 62 79,9%
180° 310** 280 253 100 88 79 77 69 62 80,0%
225° 310** 280 253 100 89 79 77 69 62 80,0%
270° 309 279 252 99 88 78 76 68 61 80,3%
315° 307 278 251 97 86 76 74 66 59 80,8%
Δ col. 1,3% 1,4% 2,0% 5,0% 5,6% 6,3% 5,2% 7,2% 8,1%  

On remarque également que :

  • C’est l’isolation qui a l’impact le plus important en termes de consommations énergétiques de chauffage. Pour un même type de mitoyenneté (4F, 3F ou 2F), les gains engendrés par une meilleure isolation sont compris entre 75,4% et 77,0 % ;
  • Les gains dus à l’isolation semblent d’autant plus importants que l’orientation est bonne ;
  • Pour une orientation donnée, les deux situations les plus extrêmes en termes de consommations énergétiques sont la maison « 4 façades » non isolée et la maison mitoyenne isolée. La différence entre ces deux cas est reprise dans la dernière colonne du précédent tableau (Δ ligne) ;
  • Pour un niveau d’isolation donné, l’impact de l’orientation est d’autant plus important que la mitoyenneté est grande, ce qui peut s’expliquer par la moindre superficie vitrée des maisons mitoyennes ;
  • Toutes autres choses restant égales, l’impact de l’orientation augmente avec le niveau de mitoyenneté et l’isolation du bâtiment (Δ colonne). Les conclusions mentionnées ci-dessus, dans la section qui traite de l’orientation du quartier, sont donc bel et bien spécifiques aux quartiers étudiés, et plus généralement à de nombreux quartiers existants (voir notamment Maïzia et al. (2009)). L’orientation n’a que peu d’influence dans les cas où les principes bioclimatiques ne sont pas appliqués. Elle reste toutefois un facteur important, notamment dans la cadre de nouvelles constructions, et doit être prise en compte tant en construction qu’en rénovation pour améliorer les performances énergétiques du bâti et des quartiers périurbains.

Synthèse

L’influence de trois paramètres qui relèvent de la forme urbaine sur les consommations énergétiques relatives au chauffage des bâtiments et des quartiers périurbains existants a été étudiée. Cette approche complète celle développée à l’échelle du bâtiment [fiches SAFE.BAT03/04/05/06/07/08/09]. Le paramètre le plus influent pour améliorer l’efficacité énergétique du bâti périurbain est incontestablement l’isolation des bâtiments qui composent le quartier. Cette conclusion est d’autant plus importante qu’une enquête exploratoire menée dans le périurbain francilien en 2008 montre que la principale réponse apportée par les ménages à la hausse du coût du carburant est de réaliser des travaux d’amélioration thermique de leur logement (Desjardins et Llorente, 2009). Des opérations menées à l’échelle du quartier dans son ensemble sont à privilégier.

La mitoyenneté est le second paramètre le plus influent. Ce résultat plaide pour une rénovation des quartiers périurbains existants par densification (en priorité dans les quartiers qui présentent une bonne localisation, une bonne mixité et une bonne desserte en transport en commun). La question de la densification des quartiers existants sera abordée ultérieurement dans une nouvelle fiche pratique. L’orientation du bâti, combinée à une meilleure prise en compte des principes bioclimatiques, notamment la répartition des surfaces vitrées sur les façades, peut également améliorer l’efficacité énergétique des quartiers périurbains. Enfin, les gains solaires reçus par les toitures et façades des bâtiments périurbains sont importants et devraient être exploités lors de la conception des nouveaux quartiers et bâtiments (urbanisme et architecture bioclimatiques) mais aussi via le recours à des énergies renouvelables basées sur le solaire.

En parallèle aux réflexions développées dans cette fiche qui traitent des solutions à appliquer aux quartiers périurbains existants, il convient aussi de se poser la question de l’opportunité de continuer à développer, sur le territoire wallon, des quartiers monofonctionnels, très peu denses, surtout lorsqu’ils sont situés à des distances importantes des lieux d’emplois, commerces, etc.

Références

  • Cherqui F. [2005]. Méthodologie d’évaluation d’un projet d’aménagement durable d’un quartier. Méthode ADEQUA. Thèse de doctorat pour l’obtention du grade de docteur de l’université de La Rochelle, discipline génie civil.
  • Desjardins X., Llorente M. [2009]. Quelle contribution de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire à l’atténuation du changement climatique ? Revue de la littérature scientifique sur le lien entre les formes d’organisation territoriale, les consommations énergétiques et les émissions de gaz à effet de serre. CSTB, Département Economie et Sciences Humaines, Laboratoire de Sociologie Urbaine Générative
  • Djupkas O.T., Nesbakken R. [1995 ]. Energy use in household 1993. SSB Report 95/10, Oslo.
  • Hanson C. [1996] The cohousing handbook – Building a Place for a Community. Hartley & Marks Publishers, USA, 255p.
  • Holden E. [2001]. Housing as basis for sustainable consumption. Thèse de doctorat 2001, Norwegian University of Science ans Technology, Trondheim.
  • Holden E., Norland T. I. [2005]. Three challenges for the compact city as a sustainable urban form : Household consumption of energy and transport in eight residential areas in the greater Oslo region. Urban Studies, Vol. 42, N° 12, 2145-2166, Novembre 2005.
  • Kints C. [2008]. La rénovation énergétique et durable des logements wallons. Analyse du bâti existant et mise en évidence des typologies de logements prioritaires. Etude réalisée pour MRW-DGTRE dans le cadre de l’IEA-SHC-Task 37 et effectuée en collaboration avec le projet LEHR pour le compte de la politique scientifique fédérale
  • Maïzia M., Sèze C., Berge S., Teller J., Reiter S., Ménard R. [2009] Energy requirements of characteristic urban blocks. CISBAT 2009, actes du colloque, p439-444.
  • Marique, A.-F, & Reiter, S. (2012b). A Method to Evaluate the Energy Consumption of Suburban Neighbourhoods. HVAC&R Research. de Meester T. [2009]. Guide de la rénovation basse énergie des logements en Belgique. LEHR, Low Energy Housing Retrofit. http://www.lehr.be
  • Owens S. [1995]. A response to Michael Breheny. Transactions of the Inst of Br geographers. 1995; 20:381-86.
  • Popovici E., Peuportier B. [2004] Using life cycle assessment as decision support in the design of settlements. PLEA – The 21th Conference on Passive ans Low Architecture. Eindhoven. The Netherlands, 6p.
  • Ratti C., Baker, N., Steemers, K. [2005]. Energy consumptison and urban texture. Energy and Buildings, n°37, p762-776.
  • Rey E. [2008]. Quels processus pour la création d’un quartier durable : l’exemple du projet Ecoparc à Neuchatel. Actes du colloque de l’ADEF, Paris.

Pour aller plus loin

Autres fiches

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Références et publications scientifiques de l’équipe en lien avec cette fiche

  • Marique, A.-F. and S. Reiter. 2012b. A method to evaluate the energy consumption of suburban neighborhoods. HVAC&R Research Journal 18 (1-2): P.88-99.
  • Marique, A.-F. & Reiter, S. 2012. A method for evaluating transport energy consumption in suburban areas. Environmental Impact Assessment Review 33, 1-6.

 

  • Marique, A.-F, Dujardin, S, Teller, J, & Reiter, S. 2011. Urban Sprawl and Travel Energy Consumption: the Case of the Walloon Region of Belgium. Irish Transport Research Network Conference, Energy & Transport, Programme and Proceedings, Cork, Ireland.
  • Wallemacq, V, Marique, A.-F, & Reiter, S. 2011. Development of an urban typology to assess residential environmental performance at the city scale. In Bodard. M., Evrard A. (Ed.), Proceedings of International Conference PLEA 2011 : Architecture & Sustainable Development (pp. 119-125). Presses Universitaires de Louvain, Louvain-La-Neuve, Belgium.
  • Marique, A.-F. & Reiter, S. 2010. A method to assess transport energy consumptions in suburban areas. Proceedings of the PLUREL International Conference: Managing the Urban Rural Interface, Copenhagen, Denmark.
  • Marique, A.-F, & Reiter, S. 2010. A method to assess global energy requirements of suburban areas at the neighbourhood scale. Proceedings of the 7th International Conference on Indoor Air Quality, Ventilation and Energy Conservation in buildings, Syracuse, USA.

Auteurs de la fiche

LEMA

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